Textes en scène
Affiches dans le métro : la campagne Be On Our Side

La campagne Be On Our Side est une campagne d'affichage achetée dans les transports en commun américains entre 2010 et 2012. Elle est portée par des organisations citoyennes qui veulent faire entendre, dans l'espace public, un discours de coexistence entre Israéliens et Palestiniens. Elle a déclenché des contre-campagnes et des guerres d'affiches, documentées dans une publication en anglais consacrée à ces efforts, dont l'historique de la campagne Be On Our Side permet de suivre les étapes.
Qu'est-ce que la campagne Be On Our Side dans les transports américains ?
Be On Our Side est une campagne d'affichage achetée dans des réseaux de transport en commun aux États-Unis. Elle consiste à placarder des affiches dans des espaces publicitaires payants, dans des rames de métro et des stations, pour porter un message politique auprès des usagers quotidiens.
Le principe est simple : occuper un support commercial pour y mettre un texte et une image qui parlent du conflit israélo-palestinien, non pas sous l'angle militaire ou diplomatique, mais sous l'angle du choix personnel. Le passant est interpellé directement, comme s'il pouvait prendre position par un geste ordinaire.
La campagne s'inscrit dans une pratique plus large : depuis les années 2000, des groupes citoyens américains achètent des espaces publicitaires dans les bus et les métros pour y afficher des messages politiques. Le support est banal, l'enjeu est de rendre visible une position dans un lieu où l'on ne débat pas, où l'on attend son train.
Ce type d'action ne demande ni salle, ni scène, ni billetterie. Il demande un budget d'achat d'espace, un visuel lisible en quelques secondes et une régie publicitaire qui accepte le message. C'est cette dernière condition qui a fait basculer la campagne dans une série de conflits.
Où la campagne Be On Our Side a-t-elle commencé ?
La campagne a commencé dans les transports en commun d'une grande ville américaine, avant de s'étendre à d'autres réseaux. Le point de départ est un achat d'espace local, dans un réseau de métro ou de bus, à partir duquel le visuel a circulé et a été repris ailleurs.
Le mécanisme est celui d'une tache d'huile : un premier refus ou un premier affichage remarqué attire l'attention des médias, puis d'autres groupes achètent à leur tour des espaces dans d'autres villes. Chaque nouveau réseau devient un terrain de négociation avec la régie, qui arbitre entre liberté d'expression et risque de polémique.
Ce déplacement géographique est une donnée centrale de l'histoire de la campagne. Une affiche dans une rame ne touche que les voyageurs de cette ligne. Une affiche refusée, puis acceptée, puis contestée dans plusieurs réseaux, devient une affaire publique. La campagne Be On Our Side a fonctionné sur ce second registre : moins comme une publicité que comme une suite de décisions administratives et commerciales devenues visibles.
Pour un lecteur français, la comparaison avec les campagnes d'affichage dans les gares et les stations est utile. Le support est le même, les règles de la régie sont locales, et le message politique y est soumis à autorisation. Ce qui change, c'est l'échelle du réseau et la rapidité avec laquelle une image peut être reprise d'une ville à l'autre.
Quelles contre-affiches ont répondu aux affiches pro-palestiniennes de 2011 ?
En 2011, des affiches pro-palestiniennes dans le métro ont reçu une réponse sous forme de contre-affiches. Des groupes opposés au message initial ont acheté à leur tour des espaces dans les mêmes réseaux, ou dans des réseaux voisins, pour afficher un message inverse.
La contre-campagne ne se contente pas de contredire le texte : elle reprend le format, la typographie, parfois la mise en page, pour créer un effet de face-à-face. Le voyageur voit deux affiches qui se répondent, dans la même station ou sur la même ligne, à quelques jours d'intervalle. Le débat quitte la tribune et s'installe sur le quai.
Cette guerre d'affiches a une conséquence pratique : elle oblige les régies à trancher. Accepter un message, c'est s'exposer à devoir accepter le message inverse. Refuser l'un, c'est justifier le refus de l'autre. Les décisions sont alors contestées, parfois devant les tribunaux, et chaque épisode alimente la couverture médiatique.
Le point important pour comprendre ces campagnes est qu'elles ne visent pas seulement les voyageurs. Elles visent aussi les journalistes, les élus locaux et les internautes qui verront la photo de l'affiche circuler. L'affiche dans le métro est un déclencheur : sa fonction première est de produire une image reproductible.
Comment une affiche de métro devient une affaire publique
Une affiche dans un transport en commun suit un cycle précis. Un groupe choisit un visuel, achète un emplacement, dépose le fichier auprès de la régie. La régie vérifie la conformité au règlement, puis accepte, refuse ou demande une modification. Si l'affiche est posée, elle reste en place pendant la durée du contrat, généralement quelques semaines.
Ce cycle crée plusieurs points de conflit. Le premier est le contenu : un texte sur un conflit étranger peut être jugé politique, donc soumis à des règles plus strictes qu'une publicité commerciale. Le deuxième est l'égalité de traitement : si un message passe, pourquoi pas son contraire ? Le troisième est la durée : une affiche contestée peut être retirée avant la fin du contrat, ce qui devient à son tour un sujet.
Les campagnes de 2010-2012 ont montré que ces trois points se combinent. Un refus de la régie devient une information ; une acceptation devient une provocation pour le camp adverse ; un retrait devient une censure pour le camp qui l'a payée. Chaque décision administrative produit un communiqué, une pétition, un article.
C'est là que le travail documentaire devient utile. Suivre ces campagnes demande de garder les dates, les villes, les visuels et les réponses de chaque régie. Sans ces repères, on ne voit qu'une suite de polémiques sans logique. Avec eux, on voit un mécanisme reproductible : acheter un espace, obtenir une réponse, faire circuler l'image.
Ce que ces campagnes disent des efforts de coexistence
Les campagnes d'affichage ne sont qu'une partie des efforts documentés entre Israéliens et Palestiniens. À côté des affiches, il existe des organisations de rapprochement : des familles endeuillées des deux côtés, des écoles bilingues, des camps de jeunes, des groupes d'anciens combattants, des projets de coopération environnementale.
Ces initiatives ne passent pas par l'achat d'espace publicitaire. Elles passent par des lieux, des horaires et des groupes fixes. Une école bilingue se juge sur ses classes, pas sur une image. Un camp de jeunes se juge sur sa session d'été. Leur visibilité médiatique est plus faible, leur durée est plus longue.
Comparer les deux formes d'action aide à comprendre ce que produit chaque méthode. L'affiche dans le métro fabrique un événement rapide, visible, contestable. Le projet de terrain fabrique une relation lente, peu photographiable, difficile à résumer en une phrase. Les deux existent, et les publications documentaires qui suivent ces sujets doivent tenir les deux registres.
Pour un lecteur qui veut des repères sourcés, la question n'est donc pas de savoir quelle méthode est la meilleure. La question est de savoir ce que chaque méthode rend visible, et à quel prix. Une campagne d'affichage rend visible un message en quelques semaines, mais elle dépend d'une régie et d'un budget. Un projet de terrain rend visible une coopération sur plusieurs années, mais il ne fait pas la une.
Repères pour suivre le dossier
Trois éléments sont à garder en tête pour suivre l'histoire des campagnes d'affichage américaines liées au conflit israélo-palestinien.
D'abord la chronologie : la période 2010-2012 concentre les campagnes et les contre-campagnes dans les transports. Ensuite la géographie : chaque réseau de transport a ses règles, et une décision prise dans une ville ne s'applique pas dans la suivante. Enfin les acteurs : des groupes citoyens achètent l'espace, des régies arbitrent, des médias couvrent, des internautes relaient.
Ces repères permettent de lire les épisodes suivants sans les confondre avec des actions de terrain. Une affiche n'est pas un programme. Un retrait d'affiche n'est pas une fin de campagne. Et une guerre d'affiches n'épuise pas les efforts de ceux qui travaillent, ailleurs, à faire tenir ensemble deux peuples.
Sur les affiches de la campagne Be On Our Side, dans le métro de New York ou les bus de Chicago, le message se réduit à une phrase et un visage. Les contre-campagnes ont répondu sur le même format, parfois en détournant le slogan. Ce face-à-face tient en un espace de quelques secondes de regard. La mécanique électorale, elle, se joue ailleurs : pour l'Idaho, un guide civique détaille l'inscription sur les listes électorales, les pièces d'identité acceptées au bureau et le vote en personne, horaires et bureaux compris. Utile quand on prépare un déplacement ou une tournée aux États-Unis.
Sur un plateau de théâtre solo, la question du conflit israélo-palestinien revient souvent par la bande, dans un texte, une date, un nom de lieu. Pour poser un décor juste sans se tromper, une page de référence existe : la solution à deux États y est détaillée, avec les frontières envisagées, les précédents diplomatiques et les positions des parties. On y trouve aussi les dates clés et les objections. Utile quand un personnage parle de paix sans que la salle sache de quoi il parle.
Sur les affiches de la campagne Be On Our Side, dans le métro de New York ou les bus de Chicago, le message se réduit à une phrase et un visage. Les contre-campagnes ont répondu sur le même format, parfois en détournant le slogan. Ce face-à-face tient en un espace de quelques secondes de regard. La mécanique électorale, elle, se joue ailleurs : pour l'Idaho, un guide civique détaille l'inscription sur les listes électorales, les pièces d'identité acceptées au bureau et le vote en personne, horaires et bureaux compris. Utile quand on prépare un déplacement ou une tournée aux États-Unis.
Sur un plateau de théâtre solo, la question du conflit israélo-palestinien revient souvent par la bande, dans un texte, une date, un nom de lieu. Pour poser un décor juste sans se tromper, une page de référence existe : la solution à deux États y est détaillée, avec les frontières envisagées, les précédents diplomatiques et les positions des parties. On y trouve aussi les dates clés et les objections. Utile quand un personnage parle de paix sans que la salle sache de quoi il parle.